QUI est Gille Bindi ?
Gilles Bindi est né en Alsace, d’origine italo-polonaise, il a vécu à Paris, à Montreuil, et réside aujourd’hui en Charente. Il est cinéaste, communicant et écrivain.
Les Griffards anonymes est son premier roman, révélant son goût des marges, de l’empathie et de l’absurde.
QUI respire sous les mots ?
L’auteur s’est bien volontiers soumis à un interrogatoire en règle olniesque.
Carnet papier ou ordinateur ? Papier pour les idées fugaces qu’il ne faut surtout pas laisser s’échapper. Définitivement écran-clavier pour rédiger et changer d’avis, encore et encore.
Spirale ou agrafe ? Spirale est un mot réjouissant, non ? À la fois la sonorité et l’image : un tourbillon, un maelström.
Brouillon conservé ou jeté ? Les versions du texte sont archivées au cas où je voudrais revenir en arrière, changer d’avis sur ce que j’ai remanié. Mais c’est pour me rassurer. Je ne reviens jamais en arrière.
À table ou en marchant ? Les blocages ne se résolvent pas assis devant une page blanche. Il faut poser le problème, un peu se casser la tête pour ouvrir des perspectives. Ensuite marcher, nager, faire des courses, voir un film, boire une bière… Ne pas s’agacer contre soi.
Matin, soir ou nuit ? J’écrivais après minuit dans mes jeunes années parisiennes, quand il me fallait ce calme dans la grande ville. Définitivement au saut du lit aujourd’hui à la campagne, l’esprit vide, juste arrosé d’un trait de caféine.
Pourquoi écrire ? Pour témoigner, pour régler des comptes, pour extérioriser des choses de soi qu’on ne saurait pas dire à haute voix, pour rétablir un équilibre, pour réparer, pour changer la donne. Pour donner des émotions aussi, faire voyager-immobile.
Pour qui écrire ? Je ne me pose pas la question.
Qui est votre lecteur ? Le meilleur des Humains. Non seulement elle/il lit, mais en plus elle/il a très bon goût.
Écrire, est-ce se mentir à soi-même ou aux autres ? Écrire c’est chercher une vérité !
Êtes-vous un bon menteur ? Je n’aime pas mentir. La parole est sacrée et engageante, exigeante. L’omission, par contre, n’est pas un mensonge. Le silence non plus. On ne pourrait plus faire société sinon.
Le mot qui vous touche ? L’Empathie est la clé.
Une expression idiomatique qui pourrait vous synthétiser ? Gilles qui roule saute du coq à l’âne.
S’il fallait un dernier mot à votre existence, lequel choisiriez-vous ? Libéré !
Et un premier mot ? Curiosité.
Êtes-vous plutôt errant ou rectiligne ? Je tente de suivre une ligne mais elle refuse d’aller droit.
Votre existence est-elle le roman que vous espériez ? Enfant déjà, je faisais de Pas l’Indifférence mon hymne. Donc c’est conforme. Mais j’aurais préféré choisir Don’t worry, be happy finalement.
L’inspiration a-t-elle un visage, existe-t-elle seulement ? Voila un mythe tenace. Les idées viennent parce que l’on adopte une position décalée d’observateur du monde. Et les œuvres se construisent ensuite par un travail patient et technique. Pas de don. Pas de magie.
Pour votre tête-à-tête avec un autre écrivain (vivant ou mort), qui inviteriez-vous ? Un seul ? Quelle cruauté ! Virginie Despentes, Émile Ajar, Philipp K. Dick, Hervé Guibert, Émile Zola, Vernon Sullivan, Murakami, Paasilinna, Limonov, Wilde, Beigbeder, Houellebecq, Carrère… Et on ferait une grande fête.
Quel livre auriez-vous voulu écrire vous-même ? Vol de Nuit. (J’en profite pour inviter Saint-Ex à la fête)
Un poème que vous connaissez par cœur ? Rappelle-toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là, et tu marchais souriante épanouie ravie ruisselante sous la pluie, rappelle-toi Barbara, n’oublie pas. (Prévert, invité !)
Un personnage de pièce de théâtre que vous pourriez incarner ? J’aimerais être un Cyrano, courageux et flamboyant, mais je serais plus probablement un Alceste misanthrope et vain.
Le personnage que vous seriez dans votre récit ? Je suis Benoit et Kiky. Et Julius, bien sûr.
Celui que vous ne voudriez pas rencontrer ? Je me passerais bien de rencontrer tous les voisins pénibles du monde comme Madame Altman.
Ce qui vous ferait renoncer à l’écriture ? Le bonheur ?
Votre premier écrit ? Des poèmes. Sur l’amour ou la différence.
Votre dernière ligne ? Dali claque ses mains l’une contre l’autre, prêt à l’action. L’arbitre siffle. Dali s’élance.
Le lecteur que vous aimeriez avoir ? J’aimerais réussir à atteindre les lecteurs que ce livre saurait réconforter.
Celui que vous fuyez ? Les lecteurs compliqués sont ceux qui veulent à tout prix vous lister les erreurs que votre livre contient. Mais je les aime quand même.
Roman, à paraître le 19 février 2026

