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Éric Dugelay

QUI est Éric Dugelay ?

Éric Dugelay…
… a eu plusieurs vies.
Il parcourt le monde d’Ouest en Est. L’Est surtout, la Chine notamment, il en a ramené de nombreux clichés. Ses destinations favorites sont les montagnes et le Septentrion : la toundra, la glace, les hauteurs, les solitudes.
Il tient depuis des années, un blog : www.ericdugelay.com. Des extraits de ses Chroniques d’Asphalte pour Léa ont été publiés aux Éditions IRouge, recueil de textes sur chacun des 110 pays dans lesquels il a séjourné. En 2023, la Fondation inalco a publié sur les réseaux sociaux vingt-quatre de ses billets de voyage.
Nos Vies floues est son premier roman

QUI respire sous les mots ?

L’auteur s’est bien volontiers soumis à un interrogatoire en règle olniesque.

Carnet papier ou ordinateur ? Digital, toujours ! Sur ordi ou smartphone pour que rien ne se perde.
Spirale ou agrafe ? La spirale comme un maelstrom qui vous emporte et vous dépose sur des rives inconnues.
Brouillon conservé ou jeté ? J’ai toujours été celui qui garde la trace de tout, on me consulte pour ça.
À table ou en marchant ? En marchant encore et encore, entre Riga et Paris par exemple…
Matin, soir ou nuit ? Matin, mais seulement après avoir pris connaissance des derniers délires du monde.
Pourquoi écrire ? Vivre, lire, écrire, c’est un peu mon existence longtemps rêvée et repoussée.
Pour qui écrire ? Pour les amis inconnus, ceux que la vie en dehors de la littérature ne capte pas.
Qui est votre lecteur ? Un être que mon énergie ne dérange pas et que mon écriture touche au cœur, mais il y a des variantes.
Écrire, est-ce se mentir à soi-même ou aux autres ? Si j’écris c’est pour ne pas me mentir et si je mens c’est pour ne pas blesser l’autre.
Êtes-vous un bon menteur ? Aujourd’hui je suis aligné et je ne navigue plus dans des eaux où survivre nécessite de mentir.
Le mot qui vous touche ? La gentillesse. Ce mot dévoyé et moqué me touche, il est un remède ignoré à tant de maux !
Une expression idiomatique qui pourrait vous synthétiser ? Un jouisseur aligné, inspiré par ses blessures.
S’il fallait un dernier mot à votre existence, lequel choisiriez-vous ? Exultation.
Et un premier mot ? Ténacité.
Êtes-vous plutôt errant ou rectiligne ? Errant selon une ligne imprévisible, slalomant en fonction des contraintes.
Votre existence est-elle le roman que vous espériez ? Oui, j’y travaille tous les jours.
L’inspiration a-t-elle un visage, existe-t-elle seulement ? L’appétit vient en mangeant, l’inspiration en écrivant. Donc oui, elle existe.
Pour votre tête-à-tête avec un autre écrivain (vivant ou mort), qui inviteriez-vous ? Une écrivaine et un écrivain : Marguerite Yourcenar et Michel Tournier, dont les hommages funèbres ont été bâclés, sentaient-ils trop le soufre pour notre époque ? Ça m’a rendu triste.
Quel livre auriez-vous voulu écrire vous-même ? René Leys de Victor Segalen. En ce moment j’essaie d’écrire dans cette veine : sur les Chinois et leur lien avec le pouvoir central, de Mao à Xi.
Un poème que vous connaissez par cœur ? L’Albatros. Baudelaire définit tellement bien ce que ça coûte d’essayer de voler au-dessus de sa vie grâce à l’écriture : Le Poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête et se rit de l’archer ; / Exilé sur le sol au milieu des huées, / Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Un personnage de pièce de théâtre que vous pourriez incarner ? Kostia (ou Konstantin Gavrilovitch Tréplev) dans La Mouette de Tchékhov : Kostia est un écrivain dont la mère méprise l’écriture et même l’existence, il me bouleverse.
Le personnage que vous seriez dans votre récit ? Je serais tout à la fois Karl et Noé, celui qui souffre et celui qui fait souffrir malgré lui, malgré l’amour.
Celui que vous ne voudriez pas rencontrer ? Hum, il faut que je réfléchisse. Hélène peut-être : elle est tellement prévisible.
Ce qui vous ferait renoncer à l’écriture ? Si la vie en surface ne suffit pas, si on a un message pressant à envoyer, rien ne doit arrêter l’écriture.
Votre premier écrit ? Chroniques d’Asphalte pour Léa : 110 textes racontant 110 pays en m’imposant comme exercice de style que, dans chacun d’eux, le mot goudron, asphalte ou équivalent rappelle que la terre est quadrillée par les routes tracées par l’homme. Impossible de s’échapper.
Votre dernière ligne ? La dernière ligne de Nos vies floues : Nous sommes deux garçons flous de 1980.
Le lecteur que vous aimeriez avoir ? Celui qui me dirait que je l’ai aidé à mieux se comprendre.
Celui que vous fuyez ? Le voyeur.

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Roman, à paraître le 24 septembre 2026

Nos vies floues

Nos vies floues est le récit sur quarante ans du lien entre deux hommes.
Karl d’origines chinoise et allemande (de l’Est) et Noé dont la mère vient du Maroc et le père de Zanzibar.
Ils tombent amoureux à l’adolescence au début des années quatre-vingt dans un monde qui ne sait pas encore quoi faire de deux garçons qui s’aiment.
Les injonctions se multiplient : réussir, se taire, se conformer, fonder une famille.
Noé s’y pliera, Karl finira par composer.
Au prix de compromis, de renoncements, de déplacements incessants du désir, leur amour survivra-t-il ?
Un roman sur le prix intime de la normalité.

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